dimanche 14 juin 2009

Note d'intention

Ce blog est destiné en premier lieu à tous ceux et celles qui ont émis le souhait d'avoir accès d'une part aux textes lus lors de la cérémonie du 02 juin 2009, en hommage à Maurice, d'autre part aux musiques et photos choisies pour cette même cérémonie.
Nous désirions par ailleurs permettre à toutes les personnes qui, pour une raison ou une autre, n'ont pu y assister, de disposer d'une forme de registre grâce aux commentaires, et d'avoir ainsi la possibilité de dire ici à Maurice ce qu'elles n'ont pu lui dire.

Jeannette, Vincent et Nathalie Ferré tiennent enfin à remercier chaleureusement chacun d'entre vous pour le soutien que vous leur avez apporté, que ce soit à travers votre présence ou à travers les centaines de mots que vous leur avez adressés.

Photographies choisies

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Textes et musiques pour Maurice - cérémonie du 02 juin

TEXTES : Danièle, Antoine, Martine et Jacques, Hubert, Gilbert, frère et soeurs, Vincent et Nathalie.


TEXTE DE DANIELE :

Cher Maurice,
Cher ami de nous tous, tes collègues,

Ton départ nous accable.
En même temps, tu restes et resteras présent.
Présent par tout ce que tu as apporté d’attention aux autres, de créativité et surtout d’exigence.

Exigence envers toi-même, pour commencer.

Exigence dans tes classes, pour que chaque élève en particulier et tous les élèves dans leur dynamique collective atteignent leur plus haut niveau d’évolution possible.
Car tu n’as jamais accepté que les déterminismes sociaux et les crises d’adolescence scellent le destin des individus. Tu avais à cœur que chaque élève puisse se réaliser dans sa voie propre, envers et contre toute convention éventuellement.

Exigence hors classes : tu as créé et animé non seulement le ciné-club du lycée, mais des activités mariant l’apprentissage et le plaisir, l’ouverture aux problèmes du monde et la réflexion.

Exigence pour toi-même, toujours.

Exigence jusqu’au bout.

Merci, Maurice, pour cette conscience vigile que tu n’as cessé d’être tout au long de ta vie.

Adieu Maurice, mon ami,

Danièle Rechsteiner


TEXTE D'ANTOINE :

Maurice a toujours été quelqu’un de dérangeant.

Il m’a fait maintes fois le récit de ses années de collège : alors qu’il était promis à une rapide orientation vers la « vie professionnelle », un enseignant, seul contre tous, avait décelé ses aptitudes et l’avait encouragé à poursuivre ses études.

Un autre récit, plus tard en Afrique : il m’avait raconté comment, devenu lui-même enseignant au Burundi, dans une période de grands massacres interethniques, il avait pris des risques personnels pour sauver de la tuerie un de ses collègues Tutsi.

Ces récits étaient pour lui intimement fondateurs. Il avait en horreur les convenances sociales, les conformismes, les consensus – non par refus de la vie en collectivité et de ses règles, non par fascination romantique pour la rébellion, mais par crainte qu’ils ne couvrent quelque injustice ou humiliation.

Il ne cessait de s’identifier à ce gamin, qui avait failli être astreint par les adultes à son devenir social tout tracé, à cet Africain, qui avait failli tomber sous les machettes des tueurs. De là était née sa vocation proprement christique : il serait celui qui, encore et encore, dévierait le cours prétendu inéluctable des choses, arracherait à leur destin au moins certaines personnes, parmi les plus démunies. Tel serait le sens de sa vie.

Maurice a effectivement été un éducateur remarquable : brillant, inventif, exigeant, particulièrement à son affaire dans les situations les plus désespérées. En même temps, il doutait beaucoup de lui, comme s’il n’était jamais assuré de la légitimité de sa position sociale, de sa culture, de ses talents. Il était en quête d’une reconnaissance, jamais à la hauteur de son attente infinie, et il en souffrait, je crois, énormément.

Dans un film que Maurice aimait beaucoup, Le goût de la cerise, le personnage central avait décidé de mettre fin à ses jours. Il faisait diverses rencontres, qui ne parvenaient pas à le détourner de son irréductible décision. A la fin du film, il s’allongeait la nuit dans une tombe qu’il avait creusée lui-même aux flancs de la montagne, face aux étoiles, et il y avait un long fondu au noir suivi d’étonnantes images vidéo de fin de tournage, où l’on voyait, en plein soleil, l’eau d’un ruisseau, la végétation verdoyante, des soldats de passage, l’acteur plaisantant avec les techniciens du film, sur fond d’un joyeux air de jazz.

Cher Maurice, la vie continue, sans toi, bientôt sans nous, d’une manière simple, élémentaire, en deçà sans doute de tes exigences. Mais elle continue aussi secrètement différente, transformée par les rares œuvres humaines qui ont su la perturber, et par là même l’enrichir. Ton œuvre à toi n’a pas été un film ou un livre, elle a été plus diffuse quoique pas moins consistante, elle est inscrite dans les cœurs de ceux que tu as connus, aimés et heureusement dérangés.


Antoine Glémain


TEXTE DE MARTINE ET JACQUES :

Parfois on rencontre sur sa route quelqu’un dont le regard attentif et bienveillant est un signe fort d’encouragement : Maurice a eu (a été) ce regard-là pour nous, au fil des années.

Maurice répondait présent à la plupart des rencontres lecture que nous proposions à la bibliothèque. Simplement pour partager un moment avec d’autres lecteurs, pour échanger un moment d’émotion autour d’un texte. Et aussi sans doute pour soutenir une proposition à laquelle, comme nous, il croyait.

Nous étions de ceux auxquels il accordait sa confiance – a priori. Son amitié, nous sentions qu’elle était inconditionnelle. Il a toujours su trouver le temps de nous écouter, de nous entendre – ce que nous n’avons pas su véritablement lui rendre.

Nous avons reçu cette confiance, cette amitié, comme un cadeau que vous fait la vie, sans toujours bien comprendre pourquoi, lui, l’intellectuel exigeant pour lui et pour les autres, était touché par notre façon de mener notre vie plus souvent « à l’instinct » qu’avec notre raison.

Sans doute parce que notre sensibilité répondait à la sienne.

Il va nous manquer beaucoup.


TEXTE DE HUBERT :

Cher Maurice

Tu viens de mettre un terme brutal à 42 ans d’une amitié sans faille.

Jamais je n’oublierai ta générosité si chaleureuse, ton empathie si juste et ton sens de l’humour, si agréable en compagnie.

Ta fabuleuse énergie m’a longtemps fasciné, puis elle a fini par m’inquiéter. Tu avais de plus en plus de mal à accepter les limites de ta condition d’homme. Hanté par un passé de plus en plus lourd à porter, en proie au vertige angoissant de l’avenir, le présent perdait, à tes yeux, toute saveur. Fuyant l’irrémédiable, tu as fini par commettre l’irréparable.

Maurice, tu as enfin trouvé la paix. Mais à quel prix ! La radicalité spectaculaire de ton geste ultime a ravivé en moi la terrible blessure que tu sais…

A l’ami qui m’aura tant apporté, je voudrais adresser un adieu fraternel et apaisé.

Au revoir Maurice.

Hubert


TEXTE ARRANGE ET LU PAR GILBERT :

La vie. La mort.

La vie Tu l’as tant aimée Elle est ensevelie

Aurore d’une ville un beau matin de mai

Sur laquelle la terre a refermé son poing

Aurore en toi très longtemps plus claire

Et la mort entre en nous comme dans un moulin


La vie disais-tu jadis si heureux de vivre

Et de remuer ciel et terre pour remettre debout

Mais la mort a rompu l’équilibre du temps

La mort qui vient la mort qui va la mort vécue

La mort visible boit et mange à notre dépens


Mort visible Maurice invisible et plus dur

Que la soif et la faim à notre corps épuisé

Masque de neige sur la terre et sous la terre

Source des larmes dans la nuit masque d’aveugle

Notre passé se dissout Nous faisons place au silence

Nous faisons place au silence.


Ce texte est une adaptation du très beau poème d’Eluard écrit lors de la mort brutale de Nusch : Notre vie. Le temps déborde.




TEXTE DES FRERE ET SOEURS (Jacqueline, Maryvonne, Gérard, Martine) :

Maurice, notre frère…

Lorsqu’il s’agissait de prendre la parole en famille, ou d’écrire un texte nous comptions toujours un peu sur toi… et tu le faisais volontiers avec humour, chaleur et tendresse.

Nous étions cinq frères et sœurs, unis comme les doigts d’une main, soudés par nos souvenirs partagés d’une enfance heureuse à Nuillé sur Vicoin et à Laval.

Après une longue période d’activité professionnelle et d’engagement associatif intense et passionné, il y a une douzaine d’années tu as souhaité renforcer les liens fraternels et familiaux.

Tu as alors multiplié les échanges et les rencontres. Avec chacun d’entre nous frères, sœurs, beaux frères et belle sœur, tu as entretenu une relation forte et unique.

Tu as aussi entouré maman de ton affection et de ta tendresse.

Tu as partagé avec ton frère, en quelque sorte ton frère jumeau, vos joies, vos doutes, et ces derniers mois tes souffrances.

Tu te souciais de chacun, prêt à écouter, conseiller, et soutenir. Tu as été un frère, un oncle, un parrain attentif et présent.

Tes coups de fil annonçant une visite impromptue nous manquent déjà.

Nous gardons en nous les souvenirs des moments forts de sérénité et de paix partagés avec toi et Jeannette en Bretagne, et aussi les éclats de rire, les bons mots, et les conversations interminables avec nos amis communs.

Pour tout cela et bien d’autres choses encore, Maurice, nous te disons merci.



TEXTE LU PAR VINCENT :

Camus, Le mythe de Sisyphe

Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.

Si je me demande à quoi juger que telle question est plus pressante que telle autre, je réponds que c’est aux actions qu’elle engage.

Un geste comme le suicide se prépare dans le silence du cœur au même titre qu’une grande œuvre. L’homme lui-même l’ignore. D’un gérant d’immeubles qui s’était tué, on me disait un jour qu’il avait perdu sa fille depuis cinq ans, qu’il avait beaucoup changé depuis et que cette histoire « l’avait miné ». On ne peut trouver de mot plus exact. Commencer à penser, c’est commencer d’être miné.

Vivre, naturellement, n’est jamais facile. On continue à faire les gestes que l’existence commande, pour beaucoup de raisons dont la première est l’habitude. Mourir volontairement suppose qu’on a reconnu, même instinctivement, le caractère dérisoire de cette habitude, l’absence de toute raison profonde de vivre, le caractère insensé de cette agitation quotidienne et l’inutilité de la souffrance.

Quel est donc cet incalculable sentiment qui prive l’esprit du sommeil nécessaire à la vie ? (…) dans un univers soudain privé d’illusions et de lumières, l’homme se sent un étranger. Cet exil est sans recours puisqu’il est privé des souvenirs d’une patrie perdue ou de l’espoir d’une terre promise. Ce divorce entre l’homme et sa vie, l’acteur et son décor, c’est proprement le sentiment de l’absurdité.


TEXTE DE VINCENT ET NATHALIE, POUR PAPA :

Il y a mille vies dans la vie d’un homme.

De Nuillé sur Vicoin au Burundi, d’Angers à Mayenne, de Paris à Ambrières, nombreux sont ceux qui ont connu Maurice et qui garderont leurs propres images de lui.

Nathalie

Je te revois me lire quinze soirs de suite la même histoire de Malicia la sorcière et me faire chaque fois hurler de rire en contrefaisant les voix des personnages avec toujours le même enthousiasme.

Vincent

Je te revois cassant à la hache le bois pour faire du feu, du feu pour nous réchauffer et nous rendre heureux.

Nathalie

Je te revois tondre la pelouse dans ton vieux jogging marron et orange (plus tard, en caleçon ! au grand dam de maman) et accepter quand même de jouer au ‘sac de patates’, me balançant sur ton dos pour me promener à travers le jardin, et rire avec moi.

Vincent

Je revois ta surprise au cinéma « Le Vox », lorsque la salle a chanté « joyeux anniversaire » pour tes 40 ans, avant une séance.

Nathalie

Je te revois faire ta fameuse mayonnaise que je finissais toujours par manger seule avec du pain.

Vincent

Je te revois à côté de ton petit-fils, lui faire découvrir « La Petite Taupe » ou « Le cirque de Calder », comme tu le faisais avec tant de plaisir pour les enfants de la Mayenne.

Nathalie

Je te revois dans la voiture, pendant nos interminables discussions sur les films qu’on venait de voir au Vox, juste tous les deux.

Vincent

Je te revois avec ta cigarette, mince et chevelu, assis à la table de la salle, en train de lire.

Nathalie

Je te revois poser tes cigarettes sur la cheminée, sans te douter que j’allais t’en chiper en douce pour goûter à l’interdit.

Vincent

Je te revois lors des promenades que nous faisions à vélo près d’Ambrières, l’été, et je te revois apprenant à faire du vélo à ton petit-fils à son tour.

Nathalie

Je te revois décider d’un coup que je ne peux pas être seule pour mes trois jours de concours et venir me soutenir et passer ces trois jours à m’attendre.

Vincent

Je te revois chez vous tous, chez chacune des personnes présentes aujourd’hui. Je te revois aux fêtes de nos familles, ces trente dernières années.

Nathalie

Je te revois débarquer à l’improviste à Paris pour la journée de mes trente ans et rater mon expression de surprise, parce que tu t’étais caché dans le couloir en croyant que j’allais te chercher.

Vincent

Je te revois à la maison, endormi devant le film que nous venions juste de choisir, pour le regarder tous ensemble.

Nathalie

Je te revois jouer avec tes petits-enfants et avoir hâte que tu deviennes également le papi de mes enfants.

Vincent

Je te revois à la maternité le jour où je suis devenu père à mon tour, et que j’ai commencé à mieux comprendre le père que tu étais.

Nathalie

Je te revois m’aider à trouver tant de solutions et de réponses quand tu en trouvais si peu pour toi-même.

Vincent

Je te revois éviter de peu la mort, en voiture, devant nous, sur la route de Laval, il y a un an.

Je te revois heureux de la lettre que je vous ai envoyée pour vos soixante ans. Je vous disais ma fierté de tout ce que vous avez réalisé, humainement et dans votre métier ; j’espérais que tu pourrais envisager avec sérénité la nouvelle vie qui s’annonçait pour toi, et qui me semblait pleine de promesses.

Nathalie

Mais Maurice, Papa, nous écrivait en octobre, avant son opération : « S’il m’arrivait quelque chose, je peux dire que je n’ai pas réussi à résoudre l’énigme de ce qu’est vivre. Il aurait peut-être fallu chercher le sens dans d’autres directions ; cela, je n’ai pas eu jusqu’ici le courage de le faire sûrement parce que cela change le cours de la vie et que je n’ai jamais eu l’audace d’entreprendre ce cheminement. »

Vincent

Il était en questionnement perpétuel, il multipliait les dialogues pour approcher des vérités mais il n’a pas réussi à trouver la sienne.

Il croyait même, ces derniers temps, qu’il n’avait rien fait de sa vie et que le peu qu’il avait fait n’avait aucune valeur.

Ce qui l’a longtemps poussé dans l’action et le mouvement ininterrompu a fini par tout obscurcir à ses yeux. Lui, qui m’avait dit un jour être un « pessimiste actif », n’était plus que pessimiste.

Nous savons pourtant tous – et nous associons ici particulièrement Delphine et Jocelyn – que ce n’est pas vrai, nous savons ce qu’il nous a apporté et nous a transmis.

Je suis heureux qu’il soit resté 60 ans avec nous, car malgré sa souffrance et ses doutes, y compris sur lui-même, il a quand même traversé toutes ces années et accompli tant de choses sans croire en lui-même, ni en la valeur de ce qu’il faisait.

Je voudrais dire ici combien je lui dois et combien je l’aime, combien j’aime la personne et le père qu’il a été, à la fois comme modèle et parce qu’il m’a permis de m’opposer à lui, parfois.

Nathalie

Nous voulons remercier Maman, Jeannette, qui l’a aidé à vivre toutes ces années.

Mon cher papa, je te revois partout où je vais, à plein d’âges différents, mais, mon papa, où que je regarde, depuis trois jours, je te cherche et je ne te trouve pas.

J’espère que tu as finalement retrouvé l’oiseau libre dans ta tête et que, d’où tu es, tu sens enfin tout ce que tu as fait - et tout ce que tu fais encore - pour nous.



MUSIQUES choisies pour la cérémonie :

Accueil :

BO Amadeus - Mozart, Messe en ut mineur

Bénédictions :

BO Amadeus - Mozart, Lacrymosa (Requiem)

BO Valse avec Bachir – The Haunted Ocean 1

BO Les Ailes du désir – Der Himmel Über Berlin

BO La Double vie de Véronique – Tu viendras

BO Himalaya – La Mort de Lhakpa

Jacques Brel : La Ville s'endormait

Tchaïkovsky : L'Hymne des Chérubins


Hommages à Maurice

TEXTE de JACQUELINE :

Chacun, chacune ici connaît une ou plusieurs facettes de Maurice. Tous savaient sa passion pour le beau français, le texte, et l'image.

Il savait nous émouvoir, il savait extraire le meilleur de chacun (parfois il en profitait trop, d'ailleurs il en a épuisé plus d'un, plus d'une). Il savait aussi aider, soutenir, valoriser, redonner confiance à ceux et celles qui se sous-estimaient.

Il partait toujours en croisade contre l'ignorance, la médiocrité. Nombreux, ceux et celles qui ont accepté de l'accompagner un bout de chemin.

Il a choisi de partir. Il n'a pas pu, pas su, pas voulu vivre avec certains deuils. Les douleurs, les souffrances s'empilaient, s'entassaient, s'accumulaient. Il a préféré ne plus vivre dans la désespérance. Nous avons parfois pleuré avec lui, à cause de lui et nous sommes là aujourd'hui pour partager ces larmes.

Nous pouvons aussi continuer à vivre et à lui rendre hommage simplement en allant au cinéma, en y entraînant nos amis, nos enfants, nos petits-enfants. Il avait tellement rêvé d'aller au festival de Cannes.

Aucun film ne t'aura retenu ; ni « La Vie est belle », ni « La Vie et rien d'autre », ni « La Vie est un long fleuve tranquille », ni « La Vie est un roman » ou « La Vie est un miracle ».

J'espère, Maurice, que tu reposes en paix.

Jacqueline